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GELBARD-GRYNSZPAN

Biography of Sara-Sophie GRYNSZPAN veuve GELBART

Au n°146 Rue des Tanneurs à Bruxelles habitaient plusieurs familles juives, dont la famille Gelbart -Grynszpan.

"Sara Sofia Grynszpan, née à Dmenin en Pologne le 10 janvier 1896 et veuve de Gelbard Ernst ( né à Hanovre le 15-11-1887 et décédé le 15-3-1937 à Hanovre ) arrive avec ses deux enfants d’Hanovre pour la première fois en Belgique le 9 janvier 1939. Elle habitait au n°64 Knochenhauerstrasse, à Hanovre.
Dès son arrivée en Belgique, elle habite avec ses enfants : Fanny, née à Hanovre le 29-12-1920 et Siegfried, né à Hanovre le 1-1-1932 au n°9 rue Basse à Bruxelles, avant de déménager le 30-11-1939 pour le n°146 rue des Tanneurs, non loin des autres membres de la famille.

Pendant les années 1940/41/42 sa fille Fanny déménage pour les n° 77 et 146, déclarée au Registre des Juifs le 18-12-1940, à l’ AJB pour le n°146 rue des Tanneurs chez Mr. Snopek. Au n°37 rue des Tanneurs chez sa famille Zaslavsky pour l’année 1941, de retour aux n°146-77-37 rue des Tanneurs pour l’année 1942, ainsi qu’à d’autres adresses dont la dernière est le n°17 Bvd Emile Jacquemin le 27-6-1944, afin de brouiller les recherches de la Police avec l’inscription dans les registres de la population.

Le 9-4-1943 elle est condamnée par la Justice de Bruxelles pour trafic de devises avec une amie-complice. Le 23-6-1943 elle entame sa condamnation à la prison de Forest, puis à celle de Bruges St. Andries pour se terminer à Eeklo à l’Institut St. Jean Baptiste jusqu'à la fin de la guerre.
Pour l’administration communale, le n°146 rue des Tanneurs tient lieu de domicile de référence, car la famille y est inscrite sur les feuilles de routes de "départ d’étrangers", au registre des Juifs et sur le document de l’AJB.
Pendant les années 1942/1943, Sara Grynszpan veuve Gelbard se cachera avec son fils Siegfried au n° 85 rue Boetendael à Uccle, avec les Kuperszmidt et les Brotman de la même famille et qui seront déportés. Son fils sera sauvé et caché par une organisation Juive pour rejoindre la colonie des enfants cachés à Jamoigne, où il est inscrit sous le faux nom de Jacques Goffin (code CDJ 1140) naissance 1932.
C’est sur une liste des enfants non retrouvés de Jamoigne, qui provient du livre « La patrouille des enfants Juifs » de Dominique Zachary à la page 182.

Il y avait en 1943 plus de 80 enfants juifs à l'orphelinat de Jamoigne, situé au Château du Faing, appartenant à la Reine Elisabeth de Belgique. Les enfants étaient en uniformes des scouts catholiques, c’est ce qui les a sauvés de 1943 à 1945.
Suite à des bombardements dans la région de mai-juin 1944, la colonie des enfants cachés de Jamoigne ferme ses portes, car les plafonds des dortoirs se sont effondrés et la vie n’y était plus possible.

Siegfried rejoint Bruxelles à la rue Boetendael le 8-6 1944. C’est ce jour là, lors de son arrivée que Siegfried est également arrêté par un soldat (policier) Allemand, avec son sac à dos et celui-ci lui demande son nom. Il répond : " Gelbard ", ce nom n’est pas repris sur la liste des Juifs à l’adresse indiquée du n°85 rue Boetendael et le policier Allemand lui ordonne de quitter les lieux et de partir.
C’est la dernière fois qu’il entrevoit sa Mère.
Sofie -Sara Grynszpan Veuve Gelbard sera déportée depuis Malines, par le transport n°26/141 du 31-7-1944 à destination d'Auschwitz le 2 Août 1944. "

@ John Zalane

Nous ignorons dans quelles circonstances Sara Gryszpan fut arrêtée et la date exacte de sa mort, car les Nazis ont détruit la plupart des archives du camp en 1945.
Mais Fanny et son fils Siegfried ont survécus tous les deux à la Shoah.

"Mis en ligne le 11/05/1994 à 00:00

La Patrouille des enfants juifs de Dominique Zachary

87 petits Juifs préservés

Les hasards de l'actualité débouchent souvent sur des prises de conscience. Dominique Zachary, un confrère de «l'Avenir du Luxembourg» en a, lui aussi, fait l'expérience!

Au cours de ses pérégrinations dans la «belle province», il a été amené à s'intéresser de près à l'étonnante aventure de ce home-château de Jamoigne qui entre 1943 et la fin de la seconde guerre abrita 87 enfants juifs qui, grâce au dévouement du major Taquet et de son épouse mais aussi de bien des bénévoles eurent la vie sauve.

On sait que les rescapés de Jamoigne ont déjà rendu hommage à plusieurs reprises à leurs courageux sauveurs au cours d'émouvantes retrouvailles, mais leur aventure peu commune devait encore être couchée sur papier et compléter ainsi le récent ouvrage sur le sujet de Viviane Teitelbaum («Enfants cachés. Les larmes sous le masque» paru chez Labor).

Ne fût-ce que parce que selon le mot de Vladimir Jankélévitch :" à la haine absolue, il faut opposer la mémoire absolue".

Marek Halter n'a rien dit d'autres, en retraçant les tristes heures du ghetto de Varsovie et en ces temps de commémorations du retour de la liberté, voici un demi-siècle - mais où l'on constate aussi que le ventre de la bête immonde est encore fécond... - on n'insistera jamais assez sur ces actes de bravoure désintéressés. Grâce soit donc rendue à notre confrère qui a reconstitué l'histoire du château du Faing à Jamoigne, à partir de l'expérience peu commune de trois frères d'Anvers, mais aussi grâce aux témoignages de bon nombre de passeurs et aussi de simples citoyens qui ont souvent risqué leur propre vie pour celles des enfants juifs.

Le livre de Zachary (qui a été préfacé par Louis Malle, auteur d'un inoubliable «Au revoir, les enfants» sur le même sujet) fourmille aussi de détails intéressants sur le rôle de l'Association de défense des Juifs et du comité de défense des Juifs mais met également en exergue le rôle de la reine Elisabeth qui, par une action discrète mais appuyée a pu sortir de nombreux enfants de la caserne Dossin à Malines, point de départ d'une mort annoncée... Enfin, Dominique Zachary n'élude pas le problème de l'appartenance religieuse et le fait que beaucoup d'enfants juifs ont été baptisés dans la foi catholique. Il faut toutefois noter que ce ne fut jamais dans un souci de prosélytisme mais afin d'éviter de jeter ces enfants dans les bras des nazis aveuglés par l'idéologie raciste.

Un livre à faire lire aussi par les jeunes à un moment où ils doutent parfois de la société..."

Christian LAPORTE

«La patrouille des enfants juifs, Jamoigne 1943-1945» Dominique Zachary, aux Editions Racine.
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ÉditionEnfantsRelation parent-enfantBelgiqueJamoigne (c.f. Chiny)Louis Malle

Par Christian Laporte

Un pavé de mémoire ou stolpersteine a été scellés devant leur domicile, à l'initiative de l'Association pour la mémoire de la Shoah et organisée par cette Association.

Sources et documents /Kazerne Dossin -AGR/John Zalane- Dominique Zachary

C.Berger

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