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Claude Bigard

Biografie von Claude Bigard

Au 45 rue de Reims habite Claude BIGARD

Claude Bigard, né à Rouen le 3 février 1924, est le fils d’Arthur Bigard et d’Hélène Lehmann épouse Bigard décédée en octobre 1940. Il vit avec son père âgé de 68 ans, sans profession, et sa sœur Yvonne, épouse Franck, âgée de 29 ans, mère de deux enfants et sans profession. Il est scolarisé au lycée Corneille en classe de mathématiques spéciales en 1942.
Dans la nuit du 6 au 7 mai 1942 à l’heure du couvre-feu, Claude Bigard qui vient d’avoir 18 ans est arrêté à son domicile par la police française, parce que né juif, lors de la 1ère rafle de 71 Juifs de sexe masculin âgés de 18 à 55 ans dans le « Grand Rouen ». Cette rafle est décidée, conçue et préparée depuis plusieurs mois par la section antijuive de la Gestapo de Paris, en liaison permanente avec Adolf Eichmann, l’organisateur de la déportation des Juifs d’Europe à Berlin, et avec l’aide du Kommando de la Sipo-SD (1) régionale installé à Rouen 9 rue du Donjon. Claude Bigard est détenu pendant cinq jours à la maison d’arrêt Bonne Nouvelle, secteur allemand, et le 12 mai il est transféré sous escorte allemande par le train de Paris Saint-Lazare de 8 heures 37 et un autobus parisien réquisitionné dans le camp de Drancy où il est interné dans la soirée. Denise Holstein, qui a vu pour la dernière fois le camarade de son frère près de la gare, le décrit ainsi : « Je garde l’image, au milieu de ces hommes, d’un camarade de lycée de mon frère, Claude Bigard, tout jeune, encore imberbe, un pâle sourire sur les lèvres. Quelques jours auparavant nous dansions un swing effréné… » (2)
Le 22 juin 1942, Claude est déporté de la gare du Bourget-Drancy par le convoi no 3 emportant un millier de personnes dans le centre de mise à mort d’Auschwitz. Sélectionné pour le travail (matricule 40716), il y est assassiné quelques semaines plus tard.

1) Sipo-SD : Police de sûreté allemande et service de sécurité, nommés le plus souvent la Gestapo.
2) Denise Holstein, « Je ne vous oublierai jamais mes enfants d’Auschwitz », éditions Calmann-Lévy, p. 23.

© Françoise Bottois

Au 45 rue de Reims, une Stolperstein a été posée en septembre 2021 pour honorer sa mémoire.

Photo : © Denise Holstein.

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