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Famille Lévy

Biografie von Nathan Lévy, Jean Lévy und 4 weitere

Au 20 rue Philippe Pétain à Bihorel (actuelle rue de la Libération) habitaient Nathan Lévy, son fils Jean, sa belle-fille Rachel et ses petits-enfants Alice, Raymond et Suzanne

Nathan Lévy, né le 2 octobre 1863 à Paris et employé de commerce au Havre, épouse Lucie Grombach en 1895 et s’établit avec elle à Rouen au 88 rue de la République. À cette adresse, il ouvre le magasin de lingerie et bonneterie « À la Boule d’Or », qu’il tient pendant plus de 45 ans. Les Lévy-Grombach ont trois enfants dont un fils, Jean né le 24 mai 1897 à Rouen. Ce dernier est employé de bureau, entre autres pour la Raffinerie de Pétroles, puis comptable dans le magasin de son père. Il épouse en décembre 1930 Rachel (Raşela) Davidovici, née le 2 mars 1901 à Focşani en Roumanie. Aînée d’une fratrie cultivée et francophile qui a émigré en France dans les années 1920, Rachel a rejoint sa sœur Ella et son frère Avram établis comme dentistes à Yerres, en Seine-et-Oise. Devenue Française à son mariage, elle est déclarée sans profession. Les époux vivent à Rouen à la même adresse que les parents de Jean, mais séjournent régulièrement chez les Davidovici à Yerres, où naît leur fille aînée Alice le 27 janvier 1932. Leur fils Raymond vient au monde le 4 janvier 1936 dans la capitale normande.
Grands-parents, parents et enfants sont recensés comme Juifs à Rouen en octobre 1940. Peu après, Nathan et son épouse s’installent en dehors de la ville, à Bihorel, où ils se pensent sans doute plus en sécurité. Ils y habitent dans leur maison de campagne 20 rue de Bihorel, rebaptisée rue Philippe Pétain en 1941. Au cours de cette même année, leur magasin, enregistré comme entreprise juive, est « aryanisé » en juillet : Nathan Lévy est contraint de vendre le pas de porte à un boucher sinistré et de liquider le stock à bas prix. Le blocage de ses comptes laisse sa famille sans ressources suffisantes, d’autant plus que la vente forcée a aussi fait perdre son emploi à Jean.
Rachel est repartie de son côté à Yerres, où elle réside 3 rue de l’Église chez sa sœur Ella. Sa petite Suzanne est née le 17 décembre 1940 à Villeneuve-Saint-Georges, à quelques kilomètres de là. Le nom de Jean figure encore sur le recensement des Juifs rouennais de décembre 1941 et lors de la rafle du 6 mai 1942, il compte parmi les hommes de 18 à 55 ans qui doivent être arrêtés à Rouen. La police rapporte qu’elle ne l’a pas trouvé à son domicile, et la recherche qui s’ensuit fait apparaître qu’il a quitté Rouen en janvier/février 1942. Il semble avoir rejoint Rachel et les enfants à Yerres début 1942 et déclare travailler désormais comme aide de laboratoire dans le cabinet dentaire de sa belle-sœur Ella. Mais il vient sans doute voir régulièrement son père Nathan, dont l’épouse est décédée en février 1942.
La famille Lévy n’est pas davantage à l’abri des persécutions antisémites en région parisienne que dans l’agglomération rouennaise. Peu après l’arrestation de sa belle-sœur Ella Davidovici à Yerres, Jean est arrêté à son tour début novembre 1942, peut-être dans cette même commune. Il est interné à Drancy le 5 novembre, officiellement pour infraction à l’ordonnance allemande sur le port de l’étoile jaune. Dans le camp de transit, il occupe un emploi de « chargé de chambre » et n’est pas déporté aussitôt.
Après l’arrestation de Jean, Rachel envisage de se réfugier en zone libre, mais celle-ci est occupée à son tour. C’est finalement chez son beau-père Nathan à Bihorel qu’elle décide de s’installer avec ses trois enfants. Tous cinq y sont arrêtés dans la nuit du 15 au 16 janvier 1943, lors de la grande rafle des Juifs de Seine-Inférieure organisée par la section antijuive de la Gestapo de Paris en liaison avec la Sipo-SD régionale. Ce sont des policiers français qui viennent les chercher chez eux à 1h30 du matin. Puis ils sont conduits avec les autres victimes de la rafle au centre de regroupement de la rue Poisson à Rouen, où ils sont enregistrés à 4h. À 5h45, on leur fait prendre le train de Paris pour les acheminer sous escorte à Drancy, où ils retrouvent Jean. Nathan, âgé de 79 ans, est transféré le 30 janvier à l’hospice de l’hôpital Rothschild à Paris.
Jean, Rachel, Alice, Raymond et Suzanne Lévy sont déportés le 13 février 1943 dans le convoi n°48 à destination d’Auschwitz-Birkenau. Nathan Lévy est, quant à lui, retransféré à Drancy le 23 juillet 1943 en vue de sa déportation par le convoi n°58 qui part huit jours plus tard. Tous six sont assassinés, parce que Juifs, dans le centre de mise à mort nazi. Alice, Raymond et Suzanne ont respectivement 11, 7 et 2 ans quand ils sont envoyés à la chambre à gaz.

© Corinne Bouillot

Le 7 avril 2024, six Stolpersteine ont été posées par Gunter Demnig devant le 20 rue de la Libération pour honorer leur mémoire.

© photos famille Davidovici

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