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Famille Rybstein

Biografie von Léon Isidore, Ruchla, Henri und Bernard Rybstein

Au no 8 rue de l’Amiral Cécille (1) habitaient Léon et Ruchla RYBSTEIN et leurs quatre fils

Léon Isidore Rybstein, né en 1899 à Klobuck (Pologne), arrive en France en 1920 comme réfugié russe (2). En 1929, il épouse à Rouen Ruchla Mirel, née en 1901 à Varsovie, de nationalité polonaise, arrivée en France en 1926. Ils résident à Rouen à différentes adresses avant de s’établir durant la guerre rue de l’Amiral Cécille, dans le quartier des docks. Léon exerce le métier de tailleur ; son épouse, qui a d’abord été ouvrière couturière, l’aide à domicile. Trois de leurs fils naissent à Mont-Saint-Aignan, Henri le 28 novembre 1930, Bernard le 10 février 1933 et Paul le 23 mai 1935 ; le plus jeune, Serge, naît à Rouen le 20 septembre 1939. Dans les années 1930, la demande de naturalisation de Léon et de son épouse est ajournée à trois reprises, bien qu’ils soient considérés comme parfaitement intégrés et que leurs enfants soient Français.
Léon Rybstein est arrêté à Rouen le 22 juin 1941 par les autorités allemandes, avec 35 militants communistes et 10 autres juifs : dans le contexte de l’offensive allemande contre l’URSS, des juifs sont arrêtés en même temps que des communistes car ils sont considérés comme potentiels terroristes du simple fait qu’ils sont réfugiés russes. Léon est incarcéré dans le sous-sol du Palais de justice transformé en prison allemande, puis emmené au camp de Royallieu-Compiègne qui vient d’être affecté à la détention des « éléments ennemis actifs » du Reich. Transféré le 12 septembre 1942 au camp de Drancy avec d’autres internés identifiés comme juifs, il est déporté par le convoi no 32 du 14 septembre 1942 dans le centre de mise à mort d’Auschwitz. Sélectionné pour le travail forcé sous le matricule 63931, il est assassiné le 2 décembre 1942, selon les registres de décès du camp.
Parce qu’étrangère et donc considérée comme indésirable, Ruchla Rybstein est expulsée de la Seine-Inférieure vers l’Oise, département « de l’intérieur », sur ordre de la Kreiskommandantur de Rouen notifié le 8 mai 1942. Partie de Rouen avec ses quatre fils le 28 mai 1942, elle arrive à Compiègne, sans doute pour se rapprocher de son époux interné au camp de Royallieu. De Compiègne, Ruchla et ses enfants sont dirigés le 5 juin par le Secours national vers la petite commune de Thourotte, où ils résident alors Route Nationale. Dès lors, Ruchla et ses trois aînés doivent porter l’étoile jaune ; la famille vit dans un grand dénuement. Ruchla Rybstein est arrêtée à Thourotte en octobre 1942 par les autorités allemandes et emmenée à Compiègne, où ses enfants sont confiés à d’autres familles juives. Transférée au camp d’internement de Drancy, elle est déportée par le convoi no 40 du 4 novembre 1942 dans le centre de mise à mort d’Auschwitz où elle est assassinée.
Henri et Bernard Rybstein sont arrêtés lors de la rafle du 4 janvier 1944 à Compiègne avec leurs familles d’accueil (3). Ils sont internés à Drancy et déportés par le convoi no 66 du 20 janvier 1944 dans le centre de mise à mort d’Auschwitz où ils sont assassinés.
Seuls les plus jeunes des enfants Rybstein, Paul et Serge, échappent à l’arrestation et à la déportation. D’abord confié à Marcel et Julienne Mondor à Compiègne, Paul, qui se retrouve seul au moment de l’arrestation de ceux-ci le 4 janvier 1944, est alors caché par la famille de son camarade d’école Jacques Legrand. Serge a quant à lui été confié à la famille Willar, qui réussit à le mettre à l’abri au moment de la rafle.

1) Adresse aujourd’hui disparue, suite au réaménagement du quartier après les bombardements de 1944.
2) Il ne semble ni avoir acquis la nationalité polonaise, ni avoir été reconnu comme ressortissant soviétique. Au moment de sa naissance, la localité polonaise de Klobuck se situait dans l’Empire russe.
3) Henri a été arrêté 137 rue de Paris avec David et Marie Moscovici. Bernard aurait peut-être été arrêté avec la famille Savariego.

© Corinne Bouillot

Rue Pierre Chirol, au niveau de l’ancien 8 rue de l’Amiral Cécille, quatre Stolpersteine ont été posées en septembre 2021 pour honorer leur mémoire.

Photos : © Archives départementales de l’Oise / famille Rybstein.

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