Biografie von Simon, Tzipra, Elie und Ari Kofman
Au no 32 rue des Augustins habitent Simon et Tzipra KOFMAN et leurs fils Élie et Ari
Simon Kofman, né le 30 mai 1900 à Kichinev/Chisinau, de nationalité roumaine (1), arrive en France en 1922 pour y travailler. Installé à Rouen en janvier 1923, il y fait venir en 1926 sa fiancée Tzipra, née Kofman le 11 janvier 1902 à Kichinev/Chisinau, elle aussi de nationalité roumaine. Simon et Tzipra, qui se marient en octobre 1926, résident d’abord à Rouen puis à Canteleu. En septembre 1941, ils s’installent de nouveau à Rouen, au no 32 rue des Augustins. D’abord employés comme vendeur et ouvrière en confection, ils exercent tous deux, depuis les années 1930, la profession de marchands ambulants en bonneterie.
Leurs deux garçons, Élie et Ari, naissent respectivement le 23 septembre 1927 à Rouen et le 3 septembre 1933 à Mont-Saint-Aignan. Ils fréquentent l’école Pouchet. À deux reprises, en 1931 et en 1939, Simon et Tzipra tentent sans succès d’obtenir leur naturalisation. Bien que leurs enfants soient de nationalité française et que la famille soit considérée comme parfaitement intégrée, leur demande est ajournée une seconde fois en juin 1940. En 1941, la législation antisémite leur interdit d’exercer leur activité de commerçants.
Dans la nuit du 6 au 7 mai 1942, à l’heure du couvre-feu, Simon Kofman, comme son frère Ovsu Cofman, est arrêté à son domicile, parce que né juif, par la police française, lors de la 1ère rafle de 71 Juifs de sexe masculin, surtout de nationalité française, âgés de 18 à 54 ans. Elle est décidée, préparée et organisée par la section antijuive de la Gestapo de Paris, en liaison permanente avec Eichmann à Berlin et avec l’aide de la Sipo-SD (2) régionale installée à Rouen rue du Donjon. Simon Kofman est d’abord détenu pendant cinq jours à la maison d’arrêt Bonne Nouvelle, secteur allemand, puis le 12 mai 1942 il est transféré, par le train de Paris Saint-Lazare et un autobus réquisitionné, dans le camp de Drancy où il est interné dans la soirée. Le 22 juin 1942, il est déporté par le convoi no 3 dans le centre de mise à mort d’Auschwitz. Sélectionné pour le travail (matricule 40924), il y est assassiné quelques semaines plus tard.
Dans la nuit du 9 au 10 octobre 1942, à l’heure du couvre-feu, Tzipra et ses deux fils Nathan et Ari sont arrêtés à leur domicile, parce que nés juifs, par la police française sur ordre de la section antijuive de la Gestapo de Paris qui a ordonné, préparé et organisé cette deuxième rafle ; pour la première fois dans le « Grand Rouen » et en Normandie, des personnes âgées, des femmes étrangères et françaises qui ont déjà vécu l’arrestation de leurs époux ou de leurs fils et quatre enfants français sont appréhendés. Ils sont détenus pendant six jours dans le centre d’internement de la rue Poisson (3), l’actuelle rue des Requis, et gardés par des gardiens de la paix français avec un règlement sévère imposé par la Sipo-SD régionale : pas de visite, pas d’intervention de la Croix Rouge et interdiction aux Juifs de circuler dans le centre. Le 16 octobre, ils sont transférés par le train Rouen Le Bourget-Drancy dans le camp où ils sont internés. Le 6 novembre 1942, ils sont déportés par le convoi no 42 dans le centre de mise à mort d’Auschwitz où ils sont assassinés.
1) Kichinev/Chisinau, capitale de la Moldavie, était dans l’Empire russe au moment de sa naissance (Bessarabie), mais en Roumanie à l’époque de son arrivée en France.
2) Sipo-SD : police de sûreté allemande et service de sécurité ; le plus souvent nommée Gestapo.
3) Le centre d’internement de la rue Poisson est installé dans une partie des bâtiments de l’école primaire supérieure, l’actuel collège Fontenelle.
© Françoise Bottois / Corinne Bouillot
Au 32 rue des Augustins, quatre Stolpersteine ont été posées en septembre 2021 pour honorer leur mémoire.
Photos : © Archives départementales de Seine-Maritime.
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