Biografie von Marcel-Mayer und Albert BULKA
Au n°24 rue des Champs à Liège habitait la famille Bulka - Moskowicz.
Monsieur et Mme Bulka et leurs deux fils Mayer -Marcel Bulka, né à Kalisz ( Pologne) le 29 septembre 1930 et son petit frère Albert, né à Ougrée - Liège ( Belgique) le 28 juin 1939.
"Partis se réfugier en France lors de l'occupation allemande, la famille fût arrêtée et détenue dans les camps français de RIVESALTES et PALAVAS -LES- FLOTS.
Les deux enfants ont été pris en charge par l'OSE (Organisme de Secours à l'Enfant) et confiés à la Maison de Palavas-les -Flots.
Il furent ensuite cachés dans la colonie de la Maison d'Izieu. Le meilleur ami de Marcel, Alec Bergman a quitté Izieu avant le drame, il connaissait Marcel depuis la Belgique et avait été aussi vec lui à Palavas.
La mère, Roizel née Moskowicz le 18 Août 1903 à Warda en Pologne, a été transférée de Rivesaltes à Drancy et déportée le 11 septembre 1942 par le convoi 31 vers Auschwitz où elle a été assassinée.
La Gestapo sous l'autorité du SS Klaus Barbie, les arrêtèrent le 6 avril 1944 et les enfermèrent à la prison lyonnaise de MONT-LUC, ensuite à DRANCY et les déportèrent à Auschwitz le 13 avril 1944 par le 71ème convoi, où les 2 frères y furent assassinés dès leur arrivée deux jours plus tard."
"LES ENFANTS D’IZIEU
Ils étaient pleins de curiosité, ils étaient bien vivants,
Les enfants, et au nombre de quarante-quatre.
Ils étaient juste comme vous, comme sont tous les enfants.
Dans la maison d’Izieu en haut de la vallée du Rhône.
Rassemblés dans la fuite devant les Allemands,
Et derrière chaque nom se cache une souffrance amère,
Tous étaient alors tout seuls au monde,
Agrippés l’un à l’autre au moment du crime.
En l’an 44, au temps des policiers pleins de zèle,
Enquêteurs et flics commis à la chasse à l’homme.
Ici, personne ne les cherchera, ici, en haut de la montagne,
Les enfants d’Izieu, ici au bout du monde.
Joseph, qui sait peindre : des paysages avec des chevaux,
Théodore, qui apporte la nourriture aux poulets et aux veaux,
Liliane, qui écrit si bien, sera un jour poète,
Le petit Raoul qui tout au long de la journée chante,
Et Sami, Élie, Max et Sarah, comme on les appelle :
Chacun a son talent, son don, son rôle.
Un cadeau que personne ne pourra leur prendre,
Qu’ils gardent et qu’ils aiment, chacun à sa manière.
Pourtant, un mauvais pressentiment plane sur leurs jeux,
La peur d’être découverts entache chaque heure,
Et derrière chaque rire retentit l’obscur message,
Que chaque auto, qui vient, peut apporter le malheur.
Au matin du jeudi saint, sont arrivés
Des hommes en civil et des soldats aux manteaux longs .
Un jour de soleil les ont tous, tous emmenés,
Ils les ont entassés dans des camions et n’ont donné aucune indication.
De désespoir, certains ont commencé à chanter,
Certains restèrent silencieux, tandis que d’autres ont prié.
Certains ont pleuré et tous, tous partirent.
Par le même chemin vers leur martyre.
La chronique rapporte la liste des noms minutieusement,
Le numéro du wagon et à quel train, il était attaché.
Le numéro du transport par lequel ils sont arrivés au camp,
La chronique rapporte qu’aux tueurs, aucun n’a échappé .
J’entends aujourd’hui qu’on doit classer ça dans l’histoire,
Et que ça doit être clos, finalement, après tout ce temps.
Je parlerai, je chanterai et s’il le faut, je crierais dans le noir,
Pour que nos enfants sachent qui ils étaient :
L’aîné avait dix-sept ans, le cadet à peine quatre ans,
Quand de la rampe de Birkenau à la chambre à gaz, on les menait.
Je les verrai toute ma vie et je garderai
Dans mon cœur, leurs noms gravés.
Ils étaient pleins de curiosité, ils étaient bien vivants,
Les enfants, au nombre de quarante-quatre.
Ils étaient juste comme vous, comme sont tous les enfants.
Dans la maison d’Izieu en haut de la vallée du Rhône."
Envoyé par Marco Valdo M.I. - 18/8/2019 - 22:30
Liège: Alec (85 ans) raconte comment il a miraculeusement survécu à la rafle d’Izieu le 6 avril 1944
Sudinfo
Publié le Vendredi 22 Avril 2016 à 18h21
L’Association pour la Mémoire de la Shoah est venue inaugurer ce midi les trois premiers « Pavés de la Mémoire », posés devant des maisons où des Juifs liégeois ont eu à souffrir de la Déportation. Il s’agissait de trois enfants qui faisaient partie de la célèbre colonie d’Izieu en France, et dont un a miraculeusement échappé.
« Les enfants d’Izieu » constituent un des faits marquants de la Shoah. Le 6 avril 1944, sur ordre du chef de la Gestapo de Lyon, le tristement célèbre Klaus Barbie, les SS font irruption dans cette grande maison d’Izieu, situé dans l’Ain en France, et emportent les 44 enfants qui s’y trouvent ainsi que les sept adultes qui s’en occupent. Ils seront tous gazés en arrivant à Auschwitz…
Tous ces enfants provenaient de différents pays. Une quinzaine était belge. Le plus jeune d’entre eux avait à peine 5 ans. Il s’appelait Albert Bulka et venait de Liège. Il était accompagné de son frère Marcel, de 9 ans son aîné. Tous deux étaient orphelins et avaient été cachés dans cette soi-disant « colonie de vacances » par une association juive. Avec eux Alec Bergman, un autre petit Liégeois âgé de 12 ans, copain d’enfance du quartier du Longdoz.
Avec l’insouciance de leur âge, ils y ont passé de bons moments. « On avait bon là avec Marcel, Albert et tous les autres. On y a vécu heureux, loin des horreurs de la guerre. Et moi, j’ai eu cette chance de voir un jour ma maman venir me rechercher. Elle avait été aidée par la Résistance française pour obtenir un faux nom et elle m’a ainsi sauvé la vie. C’était quelques mois avant ce funeste 6 avril 1944. Sans elle, j’étais à Auschwitz avec eux. »
La photo : Marcel, Albert et Alec à Izieu en 1943.
Après la guerre, Alec est revenu habiter Liège et a repris le commerce de tailleur de son père, rue Surlet. Aujourd’hui, entouré de ses deux enfants et de ses quatre petits-enfants, il a conscience d’être un miraculé.
Et s’il a accepté ce pavé posé devant son ancienne maison, rue Gretry 229, c’est « parce que nous avons tous un devoir de mémoire. Il est important de rappeler ce qui s’est passé, car c’était il y a 70 ans et les jeunes ont tendance à oublier. »
Alec Bergman, Marcel et Albert Bulka sont les trois premiers pavés posés à Liège. Il devrait y en avoir d’autres. 733 Juifs de la région liégeoise ont en effet été assassinés en 40-45.
La photo : les pavés des deux frères Bulka placés ce midi devant leur maison liégeoise, rue des Champs.
Retrouvez ce reportage complet dans La Meuse Liège de ce samedi 23 avril ou sur notre édition numérique à l’adresse http ://num.sudinfo.be
https://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_de_Drancy
Extrait de l'Article de l'Express du 19.04.2012 :
L'ancienne cité ouvrière, près de Paris, est devenue le symbole de la déportation des juifs en France. Annette Wieviorka et Michel Laffitte écrivent, "de l'intérieur", son histoire.
Le camp de Drancy, symbole français de la déportation des juifs, situé à quelques kilomètres de Paris, au coeur de la cité de la Muette -prévue dans les années 1920 pour être un modèle d'urbanisme social -pourrait se résumer à deux chiffres. 67 000: le nombre de juifs déportés (sur un total de 75 000) y ayant transité. 80 000: le nombre d'individus définis comme juifs (selon les critères raciaux en vigueur) qui y ont séjourné entre quelques heures et les trois années de l'activité du camp, entre l'été 1941 et l'été 1944. Trois années? Quelques internés ont en effet passé toute l'Occupation dans ces lieux sinistres comme fourrier, secrétaire...: autant de postes permettant d'échapper à la mort certaine dans les camps d'extermination polonais.
Cette comptabilité macabre a une vertu pédagogique: souligner que Drancy ne fut pas uniquement un camp de transit vers les camps d'extermination -sa fonction principale entre juillet 1942 et juillet 1943. Il fut aussi, un an plus tôt, un camp de représailles d'où l'on extrayait les otages à fusiller en réponse aux actions armées de la Résistance. Il fut, ensuite, de juillet 1943 à la fin de la guerre, un véritable camp de concentration, dirigé non plus par les autorités françaises, mais par un nazi, Alois Brunner, surveillé non plus par les gendarmes, mais par les SS, soumis non plus au "simple" autoritarisme brutal, mais à la terreur du bagne.
Chacune de ces périodes correspond à des épisodes des relations franco-allemandes. Drancy en est le baromètre, d'autant que, par sa structure administrative, il est le carrefour de toutes les politiques : celles du commandement militaire allemand, du SD (la Gestapo), de la préfecture de police, de la gendarmerie, de la préfecture de la Seine, des organisations juives.
https://www.facebook.com/764015544/videos/pcb.10163523800230545/10163523798675545/
Sources : Maison d'Izieu - Kazerne Dossin - AGR - AMS
C.B.
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