Biografie von Dora KALDERON, Esther KALDERON und Moïse ESKENAZI
Au n° 69 rue Haute, à Bruxelles habitaient les familles Kalderon - Eskenazi- Elgarten
Dora Kalderon née à Monastir en Tunisie le 15 décembre 1911, épouse de Moïse Eskenazi qui naquit en Grèce à Salonique le 17 mai 1907 et était cordonnier.
Il fut arrêté le 19.08.1943 parce qu'il était juif et déporté de la Kazerne Dossin le 20/09/1943 par le XXIIAème convoi vers Auschwitz-Birkenau.
Par la suite Moïse Eskenazi fût déporté vers Varsovie / Muhldau /Dachau, dont il fut rescapé.
La soeur de Dora, Esther Kalderon née également en Tunisie le 11 janvier 1916, a été arrêtée et déportée avec son mari, par le XXème convoi le 19 avril 1943*.
Dora a séjourné à Auschwitz et à Bergen- Belsen, où elle fut assassinée.
Esther et son mari furent déportés à Auschwitz et rescapés.
*Ce train est célèbre, car il fut le seul et unique en Europe occidentale à être attaqué par 3 jeunes partisans et résistants, dont deux étaient juifs. Et fait troublant, le même jour que le soulèvement du ghetto de Varsovie.
https://www.youtube.com/watch?v=gbpmHrBhP1Q
Fait de guerre peu connu: l'attaque du XXe convoi
«Rebelles silencieux», Marion Schreiber (1); «L'enfant du XXeconvoi», Simon Gronowski (2)
On ne le sait plus assez aujourd'hui, mais des centaines de convois qui emmenèrent les Juifs vers Auschwitz des quatre coins de l'Europe, un seul put être attaqué avec un certain succès par la Résistance. Et c'est chez nous que cela se passa!
En effet, le 19 avril 1943, trois jeunes résistants parvinrent à arrêter un train qui transportait 1.631 Juifs de la caserne Dossin de Malines au sinistre camp de la mort. Certes, ils ne libérèrent qu'environ 250 prisonniers 17 au moment même alors que 225 autres purent sauter du train avant la frontière , mais, certains allaient, grâce à leur héroïsme, passer à travers les mailles nazies jusqu'à la fin de la guerre.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, l'histoire de Robert Maistriau, Youra Livchitz et de Jean Franklemon n'avait pas encore fait l'objet d'un livre alors que l'événement a donné lieu à des commémorations nationales, le hasard voulant qu'ils aient accompli leur geste un peu fou le jour même du soulèvement du ghetto de Varsovie.
C'est chose faite désormais grâce à une journaliste allemande, Marion Schreiber, correspondante du «Spiegel» en Belgique, qui, par un des hasards qui parsèment une existence, avait rencontré un des survivants du convoi à Bruxelles.
Notre consoeur décida de remonter le courant de l'histoire et parvint encore à recueillir les témoignages de six témoins rescapés de ce qui fut chronologiquement le 26e convoi. Marion Schreiber eut aussi le bonheur de rencontrer Robert Maistriau, toujours en vie aujourd'hui, qui a reçu, il y a quelques années, le titre de «Juste parmi les Nations» pour avoir sauvé de nombreux Juifs. L'homme est resté aussi modeste qu'à l'époque, ce qui donne encore plus de relief à son témoignage.
Marion Schreiber aurait pu se limiter à conter l'épopée du train qui fut obligé de s'arrêter en rase campagne à Boortmeerbeek, mais elle a eu l'heureuse idée de mener l'enquête sur tous les acteurs, aussi bien résistants que nazis. Ce qui donne un livre d'histoire mais aussi une leçon d'humanisme très passionnante.
Coïncidence toujours: Simon Gronowski qui inspira Marion Schreiber vient lui-même de confier au papier sa terrible expérience. Un témoignage unique puisqu'il montre comment un enfant de 11 ans vécut de l'intérieur un mois de détention à Dossin avant l'embarquement pour Auschwitz. Sa version de l'aventure de Boortmeerbeek se double d'une belle leçon de courage qui mériterait de figurer au programme des cours de morale ou de citoyenneté... car, au lendemain du conflit, Simon Gronowski se retrouva tout seul face à son destin après la mort de son père.
Pendant 40 ans, il n'évoqua jamais son enfance. Ce n'est que depuis 1993 que cet avocat du Barreau de Bruxelles décida de rouvrir ce chapitre douloureux. Pour éclairer ses descendants. Ce qui donne un testament de vie particulièrement émouvant.
CHRISTIAN LAPORTE
Editions Luc Pire
Trois pavés en leur mémoire ont été posés devant leur dernier domicile le 30.08.2018 à l'initiative de la Fondation Auschwitz, en partenariat avec l'Association Pour la mémoire de la Shoah (AMS)
Sources /Kazerne Dossin -AGR -Fondation Auschwitz- AMS
https://pavesdememoire-struikelstenen.be/rue-haute-bruxelles-des-paves-en-memoire-des-victimes-de-loccupant/paves-places-9-en-2018-aux-69-et-96-rue-haute/
C.Berger
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