Biografie von Marcel WISZNIA
Marcel WISZNIA né à Bruxelles le 4 mars 1932 et fils de Szmul -Famel WISNIA, né en Pologne et maroquinier habitant à Anderlecht rue Ruysdael. Son père a été déporté à Auschwitz, travailleur forcé à Birkenau , effectua les marches de la mort mais succomba à ces terribles épreuves après sa liberation le 17 mai 1945.
Suite aux rafles dans ce quartier autour de la gare du midi où de nombreuses familles juives vivaient, il a était caché dans l'internat de Gatti de Gamond situé à cette époque 10 rue Fauchille à Woluwé Saint -Pierre (Bruxelles).
Marcel fût sorti brutalement de son lit le 12 juin 1943 à 4 heures du matin par 5 hommes, allemands et belges ayant fait irruption dans l'immeuble et transféré à la Kazerne Dossin. Et ensuite déporté le 31 juillet 1943 et assassiné à l'âge de 11 ans à Auschwitz, dès son arrivée 3 jours plus tard.
Sources et recherches : Fréderic DAMBREVILLE "Les Disparus de Gatti de Gamond" - AGR .
"Ce ne sont que des « cafards » L’actuel Athénée et à l’époque Lycée royal Gatti de Gamond disposait jadis d’un internat au n° 10 rue André Fauchille à Woluwe-Saint-Pierre. Cet immeuble, construit en 1907, fut fortement endommagé le 10 novembre 1944 lors de l’explosion d’une fusée V1 allemande dans le bas de la rue. Il resta dans cet état jusqu’en 1950, date à laquelle il fut vendu et transformé en profondeur.
Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, Odile Ovart-Henri, née à Orp-Le-Grand le 29 mai 1892, dirigeait l’internat. Elle était également membre, comme son mari, Rémy Ovart, de L’Armée secrète, mouvement armé de la Résistance intérieure belge. Elle profita de sa fonction de Directrice de l’internat pour héberger et cacher des enfants juifs, tout en veillant à leur éducation et à leur instruction. Des adultes avaient également trouvé refuge à l’internat. D’autres enfants juifs fréquentaient l’établissement de jour.
Lors de la rafle, le 12 juin 1943, Odile Ovart-Henri, son mari Rémy Ovart et leur fille Andrée Ovart étaient présents, ainsi qu’une autre future grande figure de la Résistance belge, Andrée Geulen, qui s’occupait aussi des internes à l’internat.
Comme Andrée Geulen était la seule à parler l’allemand, les Allemands de la Sipo-SD lui enjoignirent de traduire leurs ordres. Ils exigèrent que les enfants juifs se placent à gauche de la pièce et les non-juifs à droite. Si un enfant mentait, ils le fouettaient. Douze enfants, âgés de 4 à 18 ans, se placèrent à gauche. L’un des SS allemands demanda à Andrée Geulen si elle n’avait pas honte d’enseigner à des Juifs. Elle leur répondit qu’elle ne voyait aucune différence entre un Juif et un non-Juif et leur demanda s’ils n’avaient pas honte de faire la guerre à des enfants. Ils lui répondirent : "Mêle-toi de tes affaires, quand on veut supprimer des cafards, on les écrase quand ils sont petits !". Cette phrase choqua tellement Andrée Geulen, qui était catholique, que ce fut une des raisons qui la poussèrent à entrer dans la résistance et en particulier dans le Comité de Défense des Juifs, qui contribua à sauver près de 4.000 enfants juifs pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Andrée Geulen vit encore toujours. Elle a 96 ans.
Un bébé échappa à la rafle, Odile Ovart-Henri ayant réussi de justesse à le confier à une personne non-juive qui se trouvait à l’internat à ce moment-là. Différents enfants juifs, fréquentant l’internat de jour, eurent aussi la chance de ne pas être arrêtés. Odile Ovart-Henri, Rémy Ovart et Andrée Ovart furent arrêtés et emmenés à la prison de Saint-Gilles.
Les douze enfants raflés, après avoir été emmenés par la Sipo-SD dans les locaux de la Gestapo, avenue Louise, furent emprisonnés à la caserne Dossin à Malines le 13 juin 1943.
Odile Ovart-Henri fut déportée au camp de concentration de Ravensbrück le 24 mars 1944 et ensuite à celui de Bergen-Belsen, où elle succomba du typhus exanthématique le 31 mars 1945.
Rémy Ovart fut déporté dans le camp de concentration de Sachsenhausen le 24 mars 1944, puis dans celui de Buchenwald le 6 février 1945 et mourut lors des marches de la mort en avril 1945.
Andrée Ovart (dite "Dédée"), âgée de 22 ans, resta détenue jusqu’au 29 juillet 1943. La famille Ovart ayant reçu des Allemands un "ticket de sortie" pour trois (une espèce de loterie sinistre), Odile Ovart-Henri l’offrit à sa fille pour qu’elle puisse être libérée.
Andrée Maucourant-Ovart enseigna l’éducation physique à l’école Berkendael, avenue Brugmann et créa, avec des proches, en 1980, l’association "La Famille d’accueil Odile Henri", qui s’occupe du placement d’enfants défavorisés dans des familles d’accueil. Cette association, créée à la mémoire d’Odile Ovart-Henri, est implantée à Bruxelles, dans le Borinage, le Centre et dans la province du Luxembourg et aide plus de 300 jeunes quotidiennement, ce qui correspond à plus de 200 familles d’accueil. Andrée Maucourant-Ovart est décédée en 2004.
Sur les douze enfants emmenés à la caserne Dossin à Malines, onze furent déportés dans le camp d’extermination d’Auschwitz le 31 juillet 1943. Un enfant, Bernard Lipsztadt, 12 ans, pu s’échapper. Atteint de la gale, Bernard pouvait se rendre quotidiennement à l’hôpital Onze-Lieve-Vrouwe-Gasthuis à Malines. Grâce à des complicités, il parvint à s’évader le 28 juillet 1943.
Sur les quinze personnes arrêtées le 12 juin 1943, c’est la seule personne encore en vie actuellement. Il a 87 ans.
Dix enfants, dont plusieurs frères et sœurs, périrent à Auschwitz : Régine Kossover (15 ans) et son frère Isidore Kossover (4 ans), Anna Patron (15 ans) et sa sœur Emma Patron (8 ans), Joanna Juzefowicz (18 ans) et son frère Henri Juzefowicz (16 ans), Boris Gurman (11 ans), Marcel Wisznia (11 ans), Ingeborg Stern (16 ans) et Rachel Tomar (13 ans).
Une fille, Chaja-Helena Gancarska, 18 ans, après avoir été évacuée de force d’Auschwitz lors des marches de la mort vers Ravensbrück puis Malchow-Leipzig, fut libérée sur la route par les Alliés le 23 avril 1943. Elle est décédée en 2015.
Il y avait également des enfants juifs externes hébergés dans des familles. Le matin du 12 juin 1943, en arrivant à l’internat pour suivre leurs cours du jour, deux enfants furent arrêtés par un rexiste belge en civil qui aidait les Allemands. Ils furent emmenés dans une cave pour attendre d’y être interrogés. Pendant que les agents de la Sipo-SD et leurs auxiliaires inspectaient l’immeuble, ils se retrouvèrent seuls un instant et en profitèrent pour s’éclipser. La chance et l’audace leur avaient souris.
Un Izieu belge:
Ce qui s’est passé la nuit du 12 juin 1943 à l’internat du Lycée royal Gatti de Gamond à Woluwe-Saint-Pierre est similaire ce qui s’est déroulé à Izieu en France le 6 avril 1944. Quarante-quatre enfants juifs (dont des Belges) réfugiés à Izieu dans une bâtisse transformée en colonie de vacances y furent raflés ce jour-là par des Allemands, sous le commandement de Klaus Barbie et déportés. Cela donna lieu à un retentissant procès en France dans les années ’80.
Odile Ovart-Henri, "Juste parmi les Nations" Odile Ovart-Henri a eu droit, à titre posthume, au titre de Prisonnier Politique et en 1985 elle fut déclarée par l’Etat d’Israël "Juste parmi les Nations" et un arbre fut planté à son honneur dans l’Allée des Justes au Mémorial Yad Vashem à Jérusalem.
Remerciements Depuis des années, des milliers de Pavés de Mémoire ont été placés un peu partout en Europe. Ils sont l’œuvre de l’artiste allemand non-Juif Günter Demnig et toujours mis devant l’entrée (à l’époque) du dernier lieu de résidence des victimes. Ce sont des pavés surmonté d’une plaque en laiton de 10 cm sur 10 cm, un par personne, mentionnant notamment le nom de la personne, sa date de naissance, celui de son arrestation, de sa déportation et de sa mort. En allemand, on parle de "Stolpersteine", "pierres d’achoppement", qui remettent en mémoire l’événement tragique.
Par la pose des Pavés de Mémoire, la Commune de Woluwe-Saint-Pierre veut faire œuvre de mémoire et de pédagogie pour les générations actuelles et futures, et aussi démontrer, ce qui est important, qu’il y a et des Belges non-juifs, comme le époux Odile Ovart-Henri et Rémy Ovart et leur fille Andrée Ovart, ou encore Andrée Geulen, qui, au péril de leurs vies, ont aidé et caché des Juifs, parce qu’ils estimaient que ce qui se passait était injustifiable, intolérable et contraire à la notion que tout être humain devrait avoir de l’éthique et des droits humains. Ils sont l’honneur du peuple belge et méritent notre respect à jamais.
La Commune de Woluwe-Saint-Pierre tient à remercier, en particulier, l’Association pour la Mémoire de la Shoah, sans laquelle la pose des Pavés de Mémoire n’aurait pas été possible et le comité de quartier Allo-Quartier et surtout le Professeur Raymond Mayer, pour ses précieuses recherches historiques, Madame Gerda Alloa et Paul Galand, qui ont insufflé l’idée d’une commémoration dans le quartier de la rafle du 12 juin 1943.
08/06/2018 Pascal LEFÈVRE
Sans oublier les nombreuses recherches de M.Fréderic DAMBREVILLE habitant à cet endroit depuis une dizaine d'années et ayant découvert fortuitement cette tragédie qui eut lieu dans cet Internat le 12 juin 1943.
@ le livre "Les disparus de Gatti de Gamond " par Frédéric Dambreville
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Boris-Maurice GURMAN< 10 m
Odile HENRI< 10 m
Henri JUZEFOWICZ< 10 m
Bernard LIPSZTADT< 10 m
Rachel TOMAR< 10 m
Chaja-Helena GANCARSKA10 m